Après des études en école d’art et en université d’histoire de l’art et archéologie, Caroline MUHEIM entreprend tout d’abord un travail d’installation, pour ensuite orienter progressivement ses recherches vers des techniques plus mobiles, centrées autour de l’observation du monde qui l’entoure.

Pendant plus de vingt ans, elle a suivi l’enseignement d’un maître chinois et voyage régulièrement en Chine dans le Sichuan et le Yunnan. Partant de l’expérience du mouvement, elle questionne les temps d’observation, élaborant un système de dessins et d’écriture restituant ce qu’elle observe à travers ses déplacements. De retour à l’atelier, elle poursuit parallèlement un travail de dessin et de photographie.

Depuis 2012, elle a montré régulièrement « Ce qui nourrit et qui soigne » dans des expositions personnelles : à Lijiang en Chine en 2012, à Roiron en Haute Loire en 2013, à la galerie Aperto à Montpellier en 2017, au centre d’art contemporain les Roches au Chambon sur Lignon en 2018. Elle a par ailleurs participé à de nombreuses expositions collectives, dont la dernière à Toulouse en novembre 2019 et a donné de nombreuses lectures-performances de ses textes, comme en 2014 au Musée archéologique de Lattara ou en 2016 à la Panacée.

Son travail en résidence à l’Université de Montpellier (2018/2019)

En résidence à l’université de Montpelier, Caroline Muheim a travaillé tout au long de l’année universitaire 2018/2019 aux côtés d’étudiants et d’enseignants-chercheurs en botanique, agroalimentaire et pharmacie sur un projet artistique faisant écho aux trois problématiques « nourrir, protéger et soigner » soulevées par le consortium Montpellier, Université d’excellence (MUSE). Il s’est agi pour Caroline Muheim : « d’interroger les possibilités pour l’homme de se nourrir hors des circuits conventionnels et des modes de productions industrielles intensives, et de réfléchir, en impliquant étudiants et chercheurs, à de nouveaux moyens de survie alimentaire. »

Tout au long de l’année, Caroline Muheim a réalisé une vidéo : Marcher dans les flaques à partir de 365 photos prises au téléphone portable lors de ses allers et retours sur le campus. Conçue comme une promenade au fil des jours, cette vidéo est accompagnée d’un texte qui raconte son errance, pas à pas à travers la lumière, l’eau, les saisons et la géométrie des jardins.

Parallèlement à ce travail, elle a réalisé Les hautes herbes, une série de planches sérigraphiques, dont la soie a été directement insolée à la lumière du soleil. Ces planches ont ensuite été imprimées au moyen d’encres fabriquées à partir de jus d’iris et de jus de noix. Les sujets de ces sérigraphies sont les grandes plantes comestibles et médicinales qui poussent sur le campus.

Enfin, en collaboration avec les enseignants-chercheurs et les étudiants, notamment avec l’atelier d’illustration botanique de Serge Muller, enseignant-chercheur en biologie-écologie à la faculté des sciences de l’université de Montpellier et les étudiants du Groupement naturaliste de l’université de Montpellier (association le Gnum), un vaste inventaire des plantes du campus a été réalisé.

En créant cet Inventaire des urgences, l’objectif était de faire dialoguer une dimension scientifique et une réappropriation artistique. Les étudiants ainsi que les enseignants ont participé à la collecte et à la représentation des plantes inventoriées par des dessins, des encres, des aquarelles, des études botaniques et des herbiers.

Vernissage du lundi 20 janvier 2020